Pontos de Cultura
27 février 2008Apprendre à uploader avant même de savoir downloader ? C’est le pari que fait Gilberto Gil avec le projet Pontos de Cultura.
En effet, lors de ses deux conférences tenues à Montréal en février, Gilberto Gil a présenté cet ambitieux projet mis de l’avant par le ministère de la Culture du Brésil. L’idée principale est de fournir un financement mensuel, des équipements multimédias ainsi que de la formation à des groupes sociaux, afin de créer de petits centres de production multimédias. Près de 700 de ces centres sont déjà actifs et plus de 10 000 seraient prévus dans les prochaines années. Un ponto de cultura se trouve même à bord d’un bateau faisant l’allez-retour le long de l’immense fleuve Amazone afin de rejoindre les populations éloignées!
Par cette initiative, Gil souhaite que les citoyens se prennent en main culturellement. Sa réflexion quant à la pertinence de ce projet s’ancre autour des notions de démocratisation culturelle et de démocratie culturelle. Rapidement, on pourrait dire qu’alors que la démocratisation culturelle souhaite que la culture dominante soit adoptée par l’ensemble de la société, la démocratie culturelle propose que chaque citoyen propose sa vision de la culture. Pour Gil, la réalisation de la démocratie culturelle passe aujourd’hui par les nouveaux médias. On démocratise, on rend accessible la technologie plutôt que la culture en elle-même: les ordinateurs, caméras et logiciels libres sont disponibles, aux gens de se les approprier pour dire ce qu’ils ont à dire! À ce niveau, il dit avoir confiance quant aux créations qui surgiront de ces centres. Selon lui, les résultats sur l’estime de soi des jeunes qui s’impliquent dans ces puntos de cultura témoignent déjà de la réussite de l’initiative!
Voici quelques liens pour en apprendre un peu plus:


28 février 2008 à 16:29
Bonjour Antoine,
Intéressante cette nuance entre démocratisation culturelle et démocratie culturelle….
La seule chose que je me suis demandé lors de la conférence de Gilberto Gil, c’est à quel point les pontos de cultura ne risquent pas d’être des lieux (du moins dans un premier temps) de reproduction de la culture dominante (fortement américanisée). Dans ce cas, qu’est-ce qu’ils permettraient de changer - si ce n’est de donner une meilleure estime de soi aux jeunes des favelas ? Ce qui est déjà beaucoup, je le reconnais. Mais sur le plan culturel, je me demande… à suivre !
Longue vie à ton blogue ! Je vais te lire religieusement…
Julie
3 mars 2008 à 9:48
Salut Julie,
En effet, je me suis fait la même réflexion et il serait bien intéressant d’en savoir plus à ce niveau. Si je tombe sur un exemple de projet réalisé, je l’ajouterai ici!
Merci!
Antoine