Doit-on parler d’une oeuvre libre ou d’une oeuvre ouverte ?
Dimanche 16 mars 2008Cette question me semble particulièrement intéressante. En effet, l’utilisation du mot «libre» provient en fait d’une simple traduction du terme anglais «free», adopté par Richard Stallman au début des années 80 pour son système d’exploitation GNU. Pour tenter de briser l’ambiguïté du mot «free», pouvant à la fois signifier «libre» et «gratuit» en anglais, Eric S. Raymond adopte plus tard la dénomination «open source».
Bien que la langue française n’entretienne pas cette même ambiguïté, la dénomination «ouverte» convient probablement davantage que «libre». À ce sujet, un billet fort intéressant sur le blogue d’Aisyk’s se penche sur les raisons motivant cette transition. De mon côté, le terme «ouvert» me semble traverser davantage les différentes étapes du cycle de production de l’oeuvre, qu’il s’agisse du processus de création, de l’oeuvre en elle-même ou de la licence sous laquelle celle-ci est rendue publique.
Pour tenter de réfléchir davantage au concept d’oeuvre ouverte dans sa globalité, il faudrait donc arriver à définir certains paramètres qui devraient dépasser la seule licence sous laquelle celle-ci est rendue publique. Dans son livre «La ville censure», le sociologue Alain Médam propose quelques critères en réfléchissant à la notion de ville. Étonnement, ces pistes de réflexions pourraient peut-être aussi s’appliquer à une production artistique:
- elle n’a pas de créateur unique;
- elle n’a ni début, ni fin;
- elle n’a pas de frontière, ni de centre définitif (puisqu’elle est en perpétuelle construction).
Par ailleurs, Umberto Eco a également publié un livre intitulé «l’oeuvre ouverte». Datant des années 70, il pourrait être particulièrement intéressant de voir comment sa réflexion se structurait avant l’avènement d’Internet!



