Archive pour la catégorie ‘Réflexions’

Paysage participatif

Dimanche 15 juin 2008

J’écrivais il y a quelques semaines un billet sur l’Usine à paysage, un projet artistique aux airs d’entreprise mis sur pied par Audrey Beauchemin. Un barbecue avait lieu aujourd’hui dans la cours du café Touski pour souligner son bon déroulement. J’ai rédigé pour l’occasion un petit compte-rendu de mon expérience à titre d’ouvrier-spécialiste de «la plage».

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Dépaysement

Dimanche 4 mai 2008

Logo de l\'Usine à Paysage

Aujourd’hui se déroulait l’ouverture officielle de l’Usine à Paysage, une intervention artistico-entrepreneuriale mise en place dans le quartier Ville-Marie, à Montréal. La directrice de l’Usine m’a offert d’écrire quelques mots au sujet de son projet…

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Wapikoni mobile

Vendredi 4 avril 2008

Il y a quelques semaines, j’assistais à deux conférences données par le ministre de la Culture du Brésil, Gilberto Gil (j’en avais alors glissé un mot dans deux billets précédents). Depuis ce temps, le projet des Pontos de Cultura dont parlait Gil me revient régulièrement en tête: retrouve-t-on ce type d’initiative au Québec ?

Samedi dernier, le Festival de films sur les droits de la personne de Montréal présentait le documentaire «Sans réserve», de Patrick Pellegrino. Il s’agit d’un magnifique film sur un projet de village autogéré, porté par la communauté algonquine de Kitcisakik. Ce film était suivi par plusieurs courts métrages réalisés au sein du projet Wapikoni mobile, une initiative de la cinéaste Manon Barbeau.

Logo Munie d’équipements vidéo, cette caravane parcourt les réserves amérindiennes du Québec et permet aux jeunes autochtones de réaliser de petits films sur leur réalité. Bien que j’ai déjà entendu parler de ce projet (ainsi que de son prédécesseur Vidéo Paradiso), je n’avais pas encore réalisé les points communs avec les Pontos de Cultura brésiliens. En effet, il s’agit dans les deux cas de donner des outils de création à des communautés souvent sans voix, afin qu’elles puissent prendre publiquement la parole.

Par contre, les moyens techniques me semblent beaucoup plus lourds en ce qui concerne la Wapikoni mobile. Alors que les Pontos de Cultura utilisent des logiciels libres pour le traitement multimédia, celle-ci est équipée de logiciels professionnels très dispendieux. Une fois la caravane passée, les jeunes n’ont donc plus accès aux outils qu’ils ont appris à maîtriser. Ils perdent alors leurs moyens de création et se retrouvent de nouveau sans ressource. On peut donc se demander s’il vaudrait mieux qu’ils travaillent avec des logiciels libres et accessibles plutôt qu’avec de la quincaillerie professionnelle; ou encore si c’est le prix à payer pour obtenir des productions de qualité…

Doit-on parler d’une oeuvre libre ou d’une oeuvre ouverte ?

Dimanche 16 mars 2008

Cette question me semble particulièrement intéressante. En effet, l’utilisation du mot «libre» provient en fait d’une simple traduction du terme anglais «free», adopté par Richard Stallman au début des années 80 pour son système d’exploitation GNU. Pour tenter de briser l’ambiguïté du mot «free», pouvant à la fois signifier «libre» et «gratuit» en anglais, Eric S. Raymond adopte plus tard la dénomination «open source».

Bien que la langue française n’entretienne pas cette même ambiguïté, la dénomination «ouverte» convient probablement davantage que «libre». À ce sujet, un billet fort intéressant sur le blogue d’Aisyk’s se penche sur les raisons motivant cette transition. De mon côté, le terme «ouvert» me semble traverser davantage les différentes étapes du cycle de production de l’oeuvre, qu’il s’agisse du processus de création, de l’oeuvre en elle-même ou de la licence sous laquelle celle-ci est rendue publique.

    Pour tenter de réfléchir davantage au concept d’oeuvre ouverte dans sa globalité, il faudrait donc arriver à définir certains paramètres qui devraient dépasser la seule licence sous laquelle celle-ci est rendue publique. Dans son livre «La ville censure», le sociologue Alain Médam propose quelques critères en réfléchissant à la notion de ville. Étonnement, ces pistes de réflexions pourraient peut-être aussi s’appliquer à une production artistique:

    • elle n’a pas de créateur unique;
    • elle n’a ni début, ni fin;
    • elle n’a pas de frontière, ni de centre définitif (puisqu’elle est en perpétuelle construction).

    Par ailleurs, Umberto Eco a également publié un livre intitulé «l’oeuvre ouverte». Datant des années 70, il pourrait être particulièrement intéressant de voir comment sa réflexion se structurait avant l’avènement d’Internet!

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